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Lettre au Bien-Aimé


Bien-Aimé,


Je t’écris cette lettre pour moi-même, car tu connais déjà les moindres recoins de mon âme. Tu connais déjà la beauté de mon essence. Je suis la seule à encore l’ignorer.


Bien-Aimé, je te cherche encore. Je me dispute avec l’Absolu en espérant te saisir. Je cours après des images et des illusions. Je te supplie de m’attendre. Je me bats contre tout le reste pour avancer vers Toi. Je prie les genoux au sol et la tête contre terre, les mains levées au ciel. Et je pleure, et je prie, et j’implore ta bienveillance. O, Bien-Aimé, daigne poser Ton regard sur moi.


Je ne suis pas digne de Ton Amour, et pour éviter d’avoir à y faire face, j’ai fui. Mais je suis lassée de fuir. Je suis fatiguée de me battre contre ce qui me fait du bien.


O, Bien Aimé, je t’ai menti en te promettant de t’attendre. Mais Toi, tu as toujours été là. Tu as toujours attendu que je revienne, même meurtrie, même blessée, et même sous les hurlements furieux de mes tempêtes internes. Ton amour a toujours été plus fort que tout. Alors pourquoi ai-je si peur de me laisser aller à cet amour ? J’ai construit autour de moi une armure si solide que personne ne peut plus me toucher.


J’ai peur de ne pas être à Ta hauteur, Bien-Aimé. Que puis-je être d’autre devant toi qu’une simple femme ? Mes voiles de perfection se dissipent. Ils se dissolvent au vent. Et j’ai terriblement peur d’être imparfaite. D’être une femme comme les autres.

O, Bien-Aimé, pose Tes yeux sur cette femme qui t’implore ! Je n’ai peut-être pas mérité de cheminer à tes côtés, et Ta présence pour moi n’était peut-être qu’un accident de naissance. Ou un accident de ma volonté.

Mais j’ai gardé en moi quelque chose de Ta lumière. Et ceci, peu importent tous mes efforts pour l’extirper de ma poitrine qui bat à ciel ouvert, je ne peux pas l’oublier. J’ai aussi en moi l’éclat de Ta Bienveillance.


O, Bien Aimé, fais au moins que cette lumière s’écoule de mon cœur et se répande au-delà des barrières de mon corps, dans les vies de ceux et celles que j’aime, et auxquels je ne peux dire la profondeur de ce qui me lie à eux !

Eveille mon âme à la connaissance de cette essence qui vibre en moi et qui chante, et qui chante l’amour et la joie d’aimer ! Alors peut-être pourrai-je m’aimer moi-même, et oser lever les yeux vers Toi qui m’es plus cher que ma propre vie.


Bien Aimé, je t’en supplie la tête perdue au sol, dans les fragments de mon ignorance, dans la boue de mes erreurs, dans la flaque de mes insuffisances. Dans la marée de mes regrets et de mes remords. Au-dedans de moi c’est la tempête.

Alors je me raccroche à mes amarres, et je prie pour retrouver un cap dans la tourmente. C’est moi le capitaine de mon vaisseau. Je suis capable de le ramener au port. Je chante des mantras.

Il y a Ta lumière sur mes yeux alors même que je pleure.

« Toute chose vient et passe en un instant. »


La tristesse vient et passe en un instant. Je ne l’emporterai pas dans ma prochaine vie. Mais Ta présence, elle, me restera toujours, comme le fanal auquel me relier dans les jours clairs et obscurs.

Ce corps qui est le mien tombera en poussière. Mais Ta présence restera là.

Et même si je ne dois plus me souvenir que d’une seule chose, fais que cela soit celle-là : Ta Présence.

Car, alors, peu importe où je tombe, je saurai revenir te chercher.


Peu importe le temps que cela me prend, Bien-Aimé, pour te retrouver. Je vais affronter la tempête de mes émotions pour rentrer au port. Et même si je suis trempée par les vagues, brûlée par la foudre et par la force de mon désir qui se tend comme un oiseau avide, j’avancerai vers Toi.

Même si je recule. Même si je dois briser mon corps pour cela. Même si mon existence se dissipe. Même si je dois faire face aux plus terribles de mes peurs. Et même si cela me prend plus d’une vie.

J’avancerai encore et encore jusqu’à ce que je T’aie enfin retrouvé, car c’est ainsi que Tu m’as faite.

Que tu es cruel, Bien-Aimé, d’avoir placé en mon cœur cet amour qui me ronge. Ce désir d’enfin oser vivre dans Ta perfection.

Mais sans cet amour de Toi qui m’inspire, où serais-je ?


A genoux, je suis à genoux.

Bien-Aimé, je suis aussi Celle qui t’Aime ; et il y a un peu de Ta lumière en moi.

Alors, je t’en prie, avance vers moi quand je m’approche de ta Présence. Je peux bien me brûler, je l’accepte. Je me jetterai moi-même dans le brasier ardent de Tes flammes. J’enlèverai moi-même les voiles qui me recouvrent. Puisque devant toi, on ne peut qu’être soi.


Bien-Aimé, ce n’était pas de Toi que j’avais peur.

J’avais peur de me regarder dans le miroir de Tes yeux. Et d’y voir, non pas ma petitesse, mais ma grandeur. D’apercevoir dans mon image Ton reflet divin.


Bien-Aimé, ce n’est pas ce que je peux te dire qui compte. Devant Toi, je n’ai plus de mots.

Tu es au-delà de tout ce que je peux concevoir. Devant Ta grandeur et Ta majesté, je m’incline.

Bien-Aimé, tout ce qu’il y a de bon en moi vient de Ton essence. Et pour le reste, je le dépose à Tes pieds.


« Bien-Aimé, ce que j’éprouve pour toi dépasse mon propre entendement.

Alors,

Regarde-moi avec bienveillance. »



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